Plaisir

Faire l’amour dans le noir ou manger en se bouchant le nez…

Et alors vous aussi, vous faites l’amour dans le noir ?

Pour être sûre qu’il ne voit pas – il pourrait fuir – mon ventre un peu rond, mes cuisses comme ceci, mes fesses comme cela ou mes seins… Pensez donc, s’il voyait mes seins !!

Parce que nous avons du mal à apprivoiser notre corps qui change, parce que nous ne nous trouvons pas aussi belle que nous le rêvons, nous décidons pour deux et nous nous cachons. Et nous imposons l’obscurité à notre homme : le noir ou rien ! Mais au nom de quoi ?

 

Nous privons ainsi trois personnes :

  • notre conjoint : une (grande) partie de son plaisir vient du fait de nous voir, voir nos yeux, nos formes, les mouvements de notre corps, la transformation qui s’opère en nous avec le plaisir qui monte.
  • nous-même : une partie de notre plaisir vient – comme pour l’homme – du fait de le voir. Lorsque nous sommes dans le noir, c’est un peu comme manger en se bouchant le nez. Généralement, nous faisons cela pour ne pas sentir ce que nous avons en bouche et c’est très efficace ! Nous pouvons bien sûr toucher notre conjoint, le sentir, le goûter… Mais pourquoi nous priver d’un de nos cinq sens et lui aussi par la même occasion ?
  • Et encore nous-même : nous avons notre propre regard sur notre corps mais il n’a pas valeur de vérité absolue ! Le regard de notre conjoint peut nous donner à voir autre chose, souvent plus doux, plus tendre, plus émerveillé.

A ce sujet, interdiction de se dénigrer devant son conjoint !

En faisant ainsi, nous critiquons l’objet de son amour et donc son amour lui-même. Qui a envie d’aimer une personne grosse, moche et qui pue en plus ?  ;-))  Taisons-nous !!

Manger en se bouchant le nez... ou faire l'amour dans le noir

Accueillons – même si parfois nous avons du mal à y croire – ce regard amoureux sur nous mêmes.

Accueillons ce regard aimant, parce que petit à petit, il fait son chemin jusqu’à nous et nous permet de nous voir différemment, d’apprivoiser ce que nous sommes.

 

Osons allumer la lumière ! Pas les projecteurs – nous ne sommes pas sur un plateau de tournage – mais une lumière douce, tamisée, comme celle d’une lampe de chevet, d’une bougie…

Osons aller à la rencontre du regard aimé.

Dans « relation sexuelle », il y a le mot bien trop souvent oublié « relation ». C’est quand même bien plus facile d’être en relation lorsque l’on se voit, non ?

De temps en temps, pour développer notre attention à nos autres sens, ce peut être une idée de nous mettre dans le noir, comme le propose un restaurant parisien où tout se déroule dans l’obscurité totale ! Mais pas tout le temps. Qui rêverait de perdre la vue ?

 

Alors, quelles pistes pour nous aider dans l’accueil de ce que nous sommes, dans l’accueil de notre beauté ?

  • d’abord prendre conscience de ce qui se passe pour moi

  • apprendre à porter un regard émerveillé sur le monde et nous-même

    Si je n’y arrive pas par moi-même, je peux m’entourer de personnes qui « voient ». Pendant toutes mes vacances d’enfant, mon père répétait sans cesse « Que c’est beau ! » J’avoue que je ne partageais pas forcément son émerveillement et pourtant, je faisais davantage attention à ce qui m’entourait. Peu à peu, j’ai fini par être touchée moi aussi par la beauté.

    Certains photographes nous donnent à voir des choses à côté desquelles nous passons sans du tout y faire attention. Tout comme certains artistes. Je pense à Mai Hua par exemple. Chacun de ses films est une invitation à nous laisser toucher par ce qui nous entoure, par la beauté qui jaillit des choses et des êtres.

  • faire le choix de mettre mes lunettes roses plutôt que les noires

    Je sais, cela fait moins « star » mais c’est beaucoup mieux pour le moral !

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à accueillir votre beauté ?

Pour finir, une pépite ! Une interview de Sophie Fontanelle – par Mai justement – qui nous partage justement sa réflexion sur le regard qu’elle porte sur elle et comment, au milieu des « il faut », « tu dois », elle apprend à tracer sa route, vers elle-même.

 

 

Une réflexion au sujet de « Faire l’amour dans le noir ou manger en se bouchant le nez… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *